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Ad-blocking : pour un Hadopi de la bannière

Posté le 13 mai 2016

Derrière la menace pour la presse, qui se finance par la publicité, on oublie souvent que l’ad blocking met en danger les emplois de la filière d’agences médias. Moins de bannière, c’est moins de remises à 90% du tarif brut, et encore plus de statistiques à redresser. Il est temps de réagir, et de repartir du vrai problème : l’internaute et son comportement, qu’il convient d’encadrer par la loi.

Par Hubert Durandor, associé fondateur de l’agence MédiaStratActing EURL

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C’est quand même beau la pub

De l’invisible au trop plein ?

On estime à près de 200 million le nombre d’internautes utilisant des AdBlocks, dont au moins 10 millions en France. Certains patrons d’agence média, paniqués par l’ampleur du phénomène, laissent entendre que la publicité était « trop intrusive ». Méfions-nous de la culture de l’excuse…

Les internautes justifient l’usage des ad-blockers par la multiplication des formats. Après nous avoir longuement expliqué qu’ils ne voyaient plus les bannières – et ainsi encouragé la créativité de nos talents qui ont inventé overlays, corners, sticky et autres interstitiels –, aujourd’hui on verrait trop la pub ?

Quand on oublie de voir la petite croix…

Toutes les agences ont pourtant signé la charte BVP, qui garantit que tous les formats (improprement) qualifiés « d’intrusif » sont désactivables à volonté. Il suffit de zoomer, de bien viser (au cas où le pixel d’à côté lancerait la redirection vers la dernière Mégane ou le Samsung du mois…) et de cliquer ! A croire que les ad-blockers, témoignent surtout d’une « génération flemme ».

Peut-on défendre la liberté d’expression par la seule pédagogie ?

Après avoir cédé en rase campagne face aux internautes, voici que les médias et quelques régies complices se lancent dans la pédagogie. Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, nous invite gentiment à couper nos adblockers. Si l’internaute refuse, on insiste un peu, mais il trouvera toujours le chemin vers les dépêches AFP bâtonnées qu’il est venu chercher. La nécessité d’être informé est-elle à ce prix ? Mais cela témoigne au moins d’une prise de conscience : le problème est bien chez l’internaute, pas chez la régie média !

Pour un Hadopi des formats médias en ligne

Ca serait dommage de rater ça
Ça serait dommage de rater ça

La solution n’est pas dans l’excuse ni dans la pédagogie, mais, comme pour la musique, dans le renforcement de l’arsenal législatif.

Nous demandons, au nom de la survie de la presse en ligne, mais aussi des emplois dans les régies pub, l’interdiction légale des bloqueurs de publicité, la mise en place d’un détecteur capable de tracker les plugins sur l’ensemble des navigateurs français, et la coupure automatique des accès web en cas de récidive. Manuel Valls d’ailleurs, dans sa récente intervention auprès des professionnels des médias, s’y est dit « pas opposé », rappelant que « le monde nous envie la commission Hadopi ». Il est temps d’agir.

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