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Fidéliser sans augmenter, les recettes des grandes agences

Posté le 13 juin 2016

A l’approche des entretiens de mi-année, l’ambiance se tend dans beaucoup d’agences. En cause ? Des <em>millenials</em> qui veulent concilier augmentations et qualité de vie, tandis que les managers, eux, doivent répartir des enveloppes d’augmentations chaque année plus faibles. Mais la tension salaire / performance / fidélisation n’est pas toujours indépassable. Décryptage.

Soyez chic. Crédit photo : Emmanuel Macron
Soyez chic. Crédit photo : Emmanuel Macron

Chaque manager dans la publicité vous le dira, les entretiens annuels, ce n’est pas facile. Chantage à la démission, faux mails de chasseurs de tête, rumeurs assassines sur le salaires des boss… Pourtant, le taux de turn-over des plus grosses agences n’a pas changé, d’après l’étude annuelle de BestPlacesToBrowseFacebook. Nous avons demandé aux meilleurs leurs secrets pour fidéliser sans augmenter.

Revenir aux fondamentaux

« Beaucoup de salariés ont perdu pied avec la réalité, tandis que certaines agences ont été bien trop généreuses, dès l’embauche, avec des juniors qui dépassaient les 24 k€ annuels brut, bien au-dessus du smic », note un bon connaisseur du marché. Forcément, avec un tel niveau de départ, difficile d’avoir des marges de progression. Dans ces cas-là, il n’est pas inutile de faire la pédagogie du modèle économique de l’agence, basée sur la bonne tenue des frais de personnels, et un salaire attractif réservé aux plus capés. « Expliquer que chaque augmentation pose potentiellement un problème de solvabilité permet de raisonner les plus exigeants », nous confie le même expert.

Faire de l’augmentation une élection, pas un droit

« Certains salariés ont attendu 4 ans leur augment’, alors, quand ça tombe, c’est presque un miracle pour eux, et ils sont prêts à repartir pour longtemps », explique Manuel, PeopleLove Manager chez Agensoo, une start-up de mise en relation des profils atypiques et des agences. Paradoxalement, fabriquer de la rareté peut se révéler payant. Chez vous, quels salariés pourraient attendre encore un an ? Faites les comptes.

Booster les titres

Comme les directeurs-stagiaires, sujet qui peut sembler excessif mais qui « correspond à une réalité croissante », souligne Hervé, DRH d’une grande agence parisienne (le prénom a été modifié), le titre « a une valeur souvent sous-estimée ». La puissance des réseaux sociaux et du personal branding transforment une problématique de place souvent interne en une question « absolument externe ». Proposer un titre valorisant en échange d’une augmentation décalée n’est pas forcément perçu comme un marché de dupe.

Valoriser l’attachement au métier

« En dernier ressort, il faut sortir des questions d’argent », nous affirme Charles Guypé, le nouveau directeur du groupe d’agence InMediaVeritas. « L’essentiel se joue dans l’éthique au travail, dans l’amour du client. Je n’hésite pas à traiter ceux qui râlent trop souvent sur leur salaires de matérialistes dévoyés ou de chasseurs de prime. » Et si cela ne suffit pas, la réalité économique parle pour nous : « Travailler dans la com, c’est un privilège, note un habitué du secteur, et certains ont un peu trop tendance à l’oublier. Pourtant, la file d’attente est longue ! »

 

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