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Tragédieslogo

Parce que la communication est un drame

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Il finit sa conversation avec son client par « bisou » et devient le Chief Love Manager de son agence.

Posté le 17 juin 2016

C’est une bien jolie histoire qui est arrivée la semaine dernière chez M., une grande agence parisienne. Love story en agence.

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Arthur y est chef de projet pour un des fleurons de l’automobile français. C’est au moment de conclure une conversation sur un futur OpenBarHackathon qu’il lâche un « bisou » dans le combiné. A l’autre bout du fil, Jean-Pierre, vice-responsable des hackathons pour notre vendeur d’automobiles répond un simple « toi aussi, salut ». L’histoire aurait pu s’arrêter là si les collègues d’Arthur n’avaient pas commencé à se moquer de lui. Le responsable du service entend alors les jacasseries de ses ouailles et laisse trainer son oreille avec intérêt. A sa grande surprise, les collègues se moquent du chef de projet qui n’a fait que respecter la règle de la gestion de projet :

la signature du devis justifie les moyens ! 

Notre responsable décide alors d’en référer à ses supérieurs qui eux-mêmes en réfèrent au directeur. En quelques heures, décision est prise de promouvoir Arthur et d’en faire le Chief Love Manager de M.. Une bien belle promotion pour Arthur qui exulte :

« C’est vraiment un conte de fées pour moi. J’ai toujours voulu que mon client m’aime. Je faisais de mon mieux : soirée au duplex, débat politique, weekend à aquaboulevard et pleins d’autres aventures ! Là c’est une consécration. Je compte m’atteler dès ma prise de fonction à obliger le « bisou » en fin de conversation avec tous les clients. » Il conclue d’ailleurs en riant : « Il faut du love ! ».

Monica Lee-Winsky, sociologue du baiser en milieu professionnel explique :

a perméabilité entre la sphère privée et la sphère publique permet l’infiltration inconsciente de réflexes linguistiques à haute valeur symbolique. Une fois cristallisé dans les usages du parler-quotidien, ce « bisou » qui était consacré à la sphère privée devient conditionnel au tissage d’une relation de confiance.

Dans ce cas, bisous à vous tous chers lecteurs !

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