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Les annonceurs plébiscitent les rubriques nécro

Posté le 3 juillet 2016

Conséquence inattendue du nombre de décès de people en 2016, les rubriques nécro, jusqu’ici plutôt délaissées car « pas tout à fait vendeuses » selon les mots d’un acheteur média, et en général dédiées aux assurances obsèques et autres réseaux de pompes funèbres, passent en tête des demandes d’insertions ! Un phénomène inattendu qui change le destin des journaux comme Point de vue ou le Chasseur français.

Des packages « spécial vautours« 

Prince et Bowie ont lancé la tendance d’une année 2016 morose, ponctuée régulièrement de mauvaises nouvelles. Cette dernière semaine n’a pas fait exception. Depuis quelques mois les agences média proposent donc des packages « nostalgie« , que l’on surnomme « spécial vautours » dans la langue sans concession du métier. Une manière nouvelle de capitaliser sur les émotions collectives, surtout dans les magazines pour personnes âgées et bien sûr l’ensemble de la presse quotidienne nationale qui partage avec eux certaines caractéristiques démographiques. Conséquence : le prix des insertions sur ces pages traditionnellement bon marché a presque doublé en 6 mois, et attire désormais des secteurs FMCG comme l’hygiène beauté ou les couches culottes.

Spéculation sur les prochains morts

Alors que les rédactions tentent frénétiquement de tenir à jour leurs fiches nécro, et élargissent le scope à toutes les célébrités de plus de 50 ans, tout ceux qui ont la réputation de se droguer et tout ceux qui ont été éloignés de l’actualité et pourraient être dépressives – soit a peu prés tout le monde, les annonceurs tentent également de repérer les bons filons pour gagner en contextuel. « Un vieux chanteur qui meurt, c’est bon pour les marques de motos et de cabriolets, les gens franchissent le pas et réalisent leurs vieux rêves avant qu’il ne soit trop tard.  Une vielle actrice, ça fait péter le maquillage. Les écrivains les week end en Normandie. Il n’y a vraiment que les politiques qui ne déclenchent pas de vague d’achat spécifique, à part peut-être coté insecticides, nos algos bossent encore dessus« , nous confie le même spécialiste, qui songe à quitter le grand groupe qui l’emploie pour lancer une boutique spécialisée. Un secteur d’avenir, hélas.

Un nouveau genre est en train de naitre : la presse nécro
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