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Live brand content : Ogilvy Dublin sommé de s’expliquer sur son opération « cool Irish fans » à l’Euro 2016

Posté le 28 juin 2016

Les images ont fait le tour de la toile : supporters chantant une berceuse à un nourrisson dans le métro, changeant le pneu d’une Clio ou déclamant leur flamme à une jeune Française… la côte des Irlandais était au plus haut, lundi, dans l’Hexagone. La défaite face à l’équipe de France et le « non » massif au Brexit avaient même encore renforcé la popularité du peuple celte, au point que 68% des Français interrogés se déclaraient alors favorables à des vacances dans le Connemara cet été ! Et si c’était trop beau pour être vrai ?

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Le contrat qui tue

C’est Josh O’hara, le sympathique supporter irlandais jouant au foot dans les rues de Paris avec un costume de cheval, qui a le premier jeté un pavé dans la mare. Plusieurs témoins rapportent ainsi une conversation enflammée que celui-ci aurait eu au téléphone : « I don’t give a shit. I’ve been eating snails and cassoulet for 10 days now, doing exactly what you said, singing, smiling, cheering every single froggy in the streets, now I want my flight ticket to come back home or I’ll sue you, asshole ». Un emportement qui contrastait fortement avec la bonhomie affichée ces derniers jours… En cause ? Le contrat qui liait le jeune homme à Ogilvy Dublin…

Des dizaines de milliers d’intérimaires pour un happening géant

Selon nos informations, la célèbre agence de communication aurait en effet été mandatée il y a plusieurs mois par l’office du tourisme irlandais pour redorer le blason de l’île, que beaucoup confondaient alors avec l’Islande et même parfois avec la série Homeland. Le dispositif proposé par l’agence, qui a su séduire son client par son caractère innovant : engager une dizaine de milliers d’intérimaires pour un happening géant lors de l’Euro 2016, couplé avec une opération séduction online ciblant les médias et le public français. Toujours selon nos sources, l’opération, intitulée « cool Irish fans », a été accompagnée par 4 community managers et 2 chefs de projets juniors qui ont notamment dû former ces milliers d’ambassadeurs aux rudiments du football, alors que la plupart d’entre eux, supporters du XV du Trèfle, n’en avait jamais entendu parler…

Retour de bâton ?

Une opération en tous points exemplaire, à la grande satisfaction de l’office du tourisme irlandais… mais qui pourrait finalement capoter pour une malheureuse imprécision du juriste de l’agence. Alors que le contrat liant les fans irlandais à Ogilvy Dublin courrait « jusqu’ à la fin de la compétition », les vrais faux supporters ont interprété « jusqu’à l’élimination de l’équipe », alors que l’agence souhaitait que ceux-ci restent jusqu’à la finale de l’Euro. How stupid is that... Des premiers heurts auraient déjà eu lieu aux alentours de la place d’Italie, où des Irlandais, torse nus et pintes de Guinness à la main, auraient tagué une croix celtique et un emblème phallique ancestral sur les murs d’une école primaire. Interrogée, une habitante du quartier s’est déclarée « trahie, humiliée, et prête à aller passer ses vacances à Charleville Mézières plutôt que chez ces imbéciles ». Un retour de bâton à la hauteur de l’espoir suscité par ce live brand content pourtant particulièrement audacieux.

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