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Uber, déjà au 19ème siècle ? Document exclusif.

Posté le 13 janvier 2017

Loïc Lumière, sur le terrain

EXCLUSIVITE TRAGEDIES !

Nous avons au accès à un document rare, exclusif : cette lettre, envoyée en 1898 à un de ses bons amis en France par Loïc Lumière, explorateur et épistolier, est incroyable d’actualité. On croirait lire la tribune medium d’un entrepreneur de la Silicon Valley en 2017 ! Déjà, il y a 140 ans, la notion de service client et d’expérience utilisateur voulait dire quelque chose. Découvrez !

 

Et si nous avions en France des Chaises à porteurs comme au Congo ?

Par Loïc Lumière, explorateur et épistolier, le 17 février 1898

Il y a quelques semaines, rentrant de mes explorations africaines, j’ai pris une chaise à porteurs pour me rendre au centre de Paris. Cela m’a pris pas loin de 5 bonnes minutes pour négocier le prix de la course avec les porteurs. Ils ne voulaient au début pas me prendre car je transportais avec moi trop de bagages.

Les porteurs, à Paris, se plaignent toujours. Ils ne savent pas ce que c’est qu’un client. Ils se comportent comme s’ils étaient eux-même le client, et il faut les supplier pour faire une course. Si vous n’avez pas la monnaie sur vos Louis, ils se plaignent, ou vous font croire qu’ils n’ont pas le change pour le garder par devers eux. Qu’il pleuve, et les voilà à se plaindre encore ! Un peu d’embonpoint ? Et les voilà à se plaindre à nouveau. Qu’il n’y ait pas de raison de se plaindre ? Ils en trouveront une !

C’est ainsi depuis que je prends des chaises à Paris. Ce n’est pas une surprise si c’est dans notre bonne ville qu’a été inventée la calèche taxi !

Quelques jours avant de revenir à Paris, j’étais au Congo. Le service, là-bas, n’a rien à voir. Je me suis sans doute trop habitué à la qualité de service qui prévaut en Afrique. Tout le monde est tellement gentil là-bas. Si vous n’êtes jamais allés en Afrique, c’est même impossible d’imaginer comment c’est dans ce continent mystérieux.

Même pas besoin de leur distribuer de verroterie. Ces gens-là sont gentils et serviables envers l’homme blanc naturellement. On s’y habitue très vite !

Quelque chose de très amusant s’est passé. En arrivant au port en chaise à porteurs, je n’eus pas le temps d’être déposé que mes deux bons nègres se sont empressés, en arrivant, de courir en chercher d’autres pour porter mes bagages sur le bateau !

Revenant avec une escouade qui m’a porté en liesse, avec force chants, ils se sont même excusés des désagréments que pouvaient être pour moi la chaleur et la poussière de leur pays, et mon attente. Ne sont-ils pas serviables et délicieux ?

Mais comment font les Africains pour être si gentils, et avoir, dans leur culture, ce sens du service à l’homme blanc si profondément installé dans leur chair ?

Ne devrait-on pas envoyer là-bas nos porteurs de chaises parisiens ?

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