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Une startup virée de #VivaTech pour avoir (vraiment) voulu lever des fonds

Posté le 30 juin 2016

Calme trompeur à VivaTechnology, la grande messe du digital organisée par nos amis de Publics et des Echos. Car loin des cycles de conférences standardisées se jouait un véritable drame en coulisse : une startup a effectivement tenté de lever du capital ! Heureusement, l’incident est clos. Récit.

La foule en délire se presse
La foule en délire se presse

On cherchait encore ce matin les 5000 startups promises dans les rangs clairsemés de Viva Technology, surtout fréquentés par d’anciens cadres en reconversion vers le monde merveilleux du conseil en transformation digitale freelance. Pendant que ces derniers live-tweetaient les conférences habituelles  des speakers de service et leurs exhortations à changer le monde en franglais, et stockaient ainsi 6 mois d’animation pour leurs page LinkedIn, pendant que les CM de tours les comptes du CAC rivalisaient à coup de reaction gif, on cherchait en vain l’innovation à la française – ce mélange si particulier de grosses boites et de startups. La French Tech quoi.

L’amour, côté CAC 40

C’est pourtant autour des stands géants que tout se passe. En témoigne cette Directrice de l’innovation ouverte et de la transformation digitale :

J’adore les startup, je trouve ça fantastique cette énergie, c’est comme un coworking en plus grand. Ces jeunes qui bossent 90 heures par semaine tandis qu’on écoule nos 25 jours de RTT à St Martin en Ré nous fascinent ! On sent qu’ils veulent vraiment changer le monde ! (Elle enchaine en se penchant vers un jeune dont la veste de costume, 2 tailles trop grande, signale un développeur). C’est formidable ce que vous faites, j’aimerais qu’on monte un meeting en video VR et qu’on créée un partenariat pour pouvoir vous mettre dans nos listes d’innovation ouverte partagée !

La faim côté jeunes pousses

En face, effectivement, les quelques dizaines de start up « very early stage« , « pré-pivot » et « soutenues par un seeding de love money« , d’après leurs fondateurs,, et qui ont heureusement pu bénéficier de pass  ramenés de 900 à 0 euros pour fréquenter le show, déchantent assez clairement :

C’est blindé de grosses boites qui nous font des démos de bots et de réalité virtuelle que leur R&D a acheté au CES, mais on a un peu du mal à parler business avec eux ! On a beau changer de lunettes, mettre des t-shirts NASA et des vestes dépareillées on sent bien qu’il n’y a rien à croquer. C’est déprimant, comment je vais payer mes développeurs roumains moi ?

Hélas parfois c’est le drame 🙁

On n’est pas là pour financer des startup, mais pour « nouer des partenariats » ? C’est la leçon apprise par MyParkLife, une startup prometteuse développant une plateforme de partage de places de stationnement avec compensation carbone, qui a cru bon monter un stand sauvage dans un coin du gigantesque espace PSA, en affichant leurs besoins de financement. Mal leur en a pris !

« On est pas là pour acheter des boites de merde, mais pour monter des meetings, putain ! Si je recroise le connard qui a niqué mon stand connecté LED à 300 000 euros, je lui pète la gueule » nous explique le responsable cross-polinisation du groupe automobile. « J’espère que tous les ploucs qui ont gagné des billets gratos sur Twitter ne vont pas se croire chez eux non plus ! »

Du côté des organisateurs on rappelle que la startup incriminée, rapidement expulsée par la sécurité, aurait du s’inscrire au « Speed funding » et à d’autres programmes adhocs qui, pour moins de 15 k€, lui auraient permis de nouer de premiers contacts prometteurs. « C’est comme dans les cinémas, on vient pas avec du popcorn de extérieur« , d’autant que cela risquerait d’ubériser trop vite un modèle basé sur le tracking et les rétrocommissions. Décidément, on est mieux entre soi !

Le VivaTech original n'avait pas eu beaucoup de succès...
Le VivaTech original n’avait pas eu beaucoup de succès…

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