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Parce que la communication est un drame

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Vers la tinderisation de la relation agence/annonceur

Posté le 2 mai 2016

De plus en plus sollicités par les collaborateurs et de plus en plus écrasés par l’infobésité, les annonceurs souffrent d’un oubli de leurs prestataires. Une nouvelle tendance qui inquiète.

« De qui vient cette facture, Valérie ? », demande cette directrice de la communication d’une entreprise bien connue dans l’automobile. Valérie, cheffe comptable répond du tac au tac :

De notre deuxième agence digitale !

Notre dircom n’en revient pas !

Voici quelque chose qui devient fréquent pour ces grands dirigeants qui oublient leurs prestataires et les campagnes menées. D’appels d’offre en appels d’offre, les directeurs de la communication dirigent des campagnes multi-modales et voient leur concentration et leur mémoire se dissoudre. L’infobésité ambiante ne joue pas en faveur de ces trous de mémoire si normaux et pourtant si dévastateurs dans la relation agence-annonceur.

La catharsis mémorielle

Paul Tergeist, sociologue des agences de communication et de la relation dominant-dominé en entreprise, y voit une tinderisation de la société :

Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui zappe les choses, les mots et les humains. L’organisation sociale qu’était l’entreprise est aussi devenue une variable d’ajustement qu’il suffit de swiper pour la faire disparaître et ainsi se libérer l’esprit voire se libérer d’une période de stress liée à des campagnes de communication si disruptives et pourtant si éphémères.

L’important, c’est l’émotion

Si Tinder a réussi à uberiser les relations amoureuses, l’application de rencontres n’est que la métonymie d’une tendance comportementale qui s’applique notamment au secteur de la communication. Ce qu’il faut retenir, c’est que si le réflexe de zapper est dommageable, c’est bien l’émotion qui fait la relation, que ce soit en amour ou au travail.

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